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L’handi-aviron, ouvert à la jeune génération

Intégrer de jeunes rameurs handi dans un club, quel que soit le handicap, n'est pas une chose insurmontable.

L'aviron est un sport complet, mais c'est aussi un sport pour tous. Chaque jour, partout en France, les clubs accueillent en leur sein des jeunes atteints de handicap. Un accueil qui confirme les valeurs de partage, d'esprit d'équipe et de dépassement de soi très prégnantes et dont l'aviron peut se vanter, notamment au travers des actions initiées. Depuis plusieurs années, la Fédération française d'aviron incite par le biais de formations, de conseils, les structures à travers la France à se tourner vers ce public qui, non seulement y trouve son compte, mais prend aussi plaisir à évoluer parmi les autres rameuses et rameurs des clubs. Et la taille importe peu : grands ou petits, tous les clubs peuvent répondre aux attentes de jeunes athlètes en devenir, au-delà du handicap dont ils peuvent souffrir.

 

Dans le Bas-Rhin, l'Aviron club du Pays d'Erstein compte une quarantaine de licenciés. Parmi eux le jeune Théo, qui a commencé à 16 ans, a déjà deux années de pratique derrière lui. "Nous avions organisé des journées ouvertes à l'espace jeunes d'Erstein, explique Sandrine Pachot, éducatrice à l'Aviron club du Pays d'Erstein, ça lui a plu et il s'est inscrit. C'est un jeune très curieux, qui s'intéresse à tout". Théo souffre d'un déficit de l'attention et est donc considéré dans la catégorie sport adapté. "C'est un tout petit handicap, poursuit Sandrine, il faut souvent le recentrer sur son geste. Au début il ne pouvait pas ramer dix coups en une seule fois, maintenant on fait plusieurs centaines de mètres". Même s'il s'entraîne avec les autres rameurs du club, l'éducatrice a dû trouver des astuces : "Je lui disais qu'on ramait jusqu'au pont et il se retournait sans arrêt pour voir où il en était ; maintenant, on part du pont et je lui dis qu'on doit s'en éloigner le plus possible". Si Théo rame seul pour l'instant, le club a la volonté de le faire monter en bateau long car à Erstein, c'est un licencié comme un autre. "On ne crée aucune différence même si on essaie de valoriser ses performances, tout le monde le suit, l'encourage". Après avoir débuté dans un Liteboat, il évolue désormais dans un skiff sur lequel des flotteurs avaient été installés et, qu'au fur et à mesure, les entraîneurs essaient d'enlever pour lui permettre de poursuivre son apprentissage.

Au CA Vichy, Bertrand Fonné s'occupe entre autres de Jean-Rowane. Souffrant d'un handicap physique suite à une maladie étant jeune, sa mobilité sur les membres inférieurs n'est que de 10%. "Il a commencé par la natation, explique Bertrand, mais en voyant une démonstration d'aviron au CREPS, il est venu faire un essai sur l'ergo, et il a accroché. Il avait également pris part comme exemple sur une formation BPJEPS". Jean-Rowane entame sa quatrième année d'aviron à Vichy, et est désormais en première année senior. Il affiche une certaine volonté d'indépendance. "Pour accéder au garage à bateaux, il doit prendre un chemin différent des autres, mais cela ne le dérange pas. Il sort tout seul ses pelles, on l'aide juste pour le bateau". Un bateau que la ligue a acheté dans le cadre de la réforme des embarcations fédérales et mis à sa disposition. "Au club, il n'y a eu aucun souci d'intégration avec les autres : "Il est mis sur un pied d'égalité avec les autres, j'y tiens et lui aussi".

L'Aviron Audomarois accueille trois jeunes porteurs de handicap : Jean et Elie, atteints de trisomie 21 côté aviron adapté, et Nicolas en PR2. "C'est une super leçon de vie, commente Yves Lemor du club de Saint-Omer, il est quasiment impossible d'encadrer valides et non valides en même temps si nous ne sommes pas plusieurs pour gérer le groupe, mais quel bonheur quand nous voyons les jeunes aider Jean, Nicolas ou Elie sans que nous ayons besoin de demander". Le matériel reste un problème selon lui : "Il reste spécifique à chaque type de handicap, poursuit le dirigeant, la recherche d'aides est nécessaire pour avoir le nombre de bateaux suffisant, puis les astuces pour adapter le bateau au rameur. A quand une loi fiscale qui permettra la TVA à 5,5% sur le matériel spécifique à l'handi-aviron ?". Mais sa plus grande satisfaction est l'intégration parfaitement réussie dans le club : "Il suffit de voir les sourires ! Et quand en fin d'entraînement, un jeune rameur ou une jeune rameuse vient te dire que c'était trop bien de ramer avec Nicolas en double, et déclarer être prêt à le refaire". En 2019, le club a ainsi inscrit un deux de couple mixte valide-non valide lors des championnats de zone, et Nicolas a aussi participé au championnat de France UNSS indoor.

 

Accueillir de jeunes athlètes handicapés dans un club, un palier insurmontable ? "Essayer c'est l'adopter", lance Bertrand Fonné. Pour Sandrine Pachot d'Erstein, la question est à poser à l'envers : "Pourquoi ne pas en accueillir ? Pourquoi n'auraient-ils pas le droit de ramer". Yves Lemor est direct : "Il ne faut pas hésiter à se lancer dans l'aventure. Et les, cadres techniques de la fédération missionnés sur le handicap nous accompagnent dans nos projets".

Le slogan "L'aviron, un sport pour tous" prend ainsi tout son sens et démontre la volonté d'intégration dont font preuve les clubs de l'Hexagone, en parallèle du programme de formation développé par la FFA dans ce domaine.

 

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