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Adaptabilité et communication pour maintenir la motivation des collectifs

L’année 2020 marquera les annales … Depuis le début de la pandémie, le milieu sportif est au ralenti et voit tous ses évènements s’annuler et/ou être reportés à la fin de la saison ou la suivante. Au plus haut niveau, c’est Tokyo et ses Jeux qui marquaient le point culminant de l’année, mais l’évènement aura lieu du 23 juillet au 8 août pour les Jeux Olympiques et du 24 août au 5 septembre pour les Jeux Paralympiques, en 2021. Les athlètes et encadrants ont donc, malgré le confinement et un calendrier international allégé, continué l’entrainement ! Les chefs de secteurs de chaque collectif ont dû mettre en place, en lien avec la DTN et les entraineur.e.s, des outils et des programmes adaptés pour motiver les différents collectifs sur une durée indéterminée…

 

La préparation de programmes adaptés aux conditions, la multiplication de discussions de groupes sur les réseaux sociaux ainsi que des appels fréquents avec l’équipe, rythment dorénavant les journées du STAFF tricolore. Samuel Barathay, chef du secteur Homme indique qu’ils envoient, lui et son équipe, des programmes d’entrainement toutes les 2 semaines, mais l’acheminement du matériel, au début, et les problématiques liées au médical, ensuite, ont été autant d’éléments à prendre en considération « Il a fallu gérer un ensemble de contraintes : le matériel à acheminer chez chacun, les incertitudes par rapport aux échéances à court, moyen et plus long terme, et surtout des interrogations sur le plan médical. Ces dernières nous ont amené à être plus prudent sur les séances proposées. » 

Chez les Para-Aviron, le stage de mars a dû être écourté et chaque athlète s’est confiné avec du matériel mis à disposition. C’est sur 1 mois que l’encadrement para-aviron a développé les séances, assez intenses au démarrage, avant de devoir les alléger pour que chacun puisse osciller entre télé-travail, entrainement et vie de famille.

Pour Yannick Schulte, chez les Juniors, il a fallu identifier un groupe de travail « On a identifié un groupe cible, celui du stage de février. On nous demande d’être confinés et de faire attention, on ne pouvait donc pas demander à tout le monde, sur tout le territoire, de suivre notre programme ». Le suivi d’une population de jeunes athlètes amène à prendre en compte plusieurs aspects « Nous avons des jeunes qui vivent encore chez leurs parents, donc ils ont un rythme, certains athlètes sont aussi dans une dynamique de clubs, nous les suivons et nous leur proposons un programme mais nous ne bridons pas cette dynamique ».

Pour le secteur féminin, Christine Gossé indique que l’important dans cette période de confinement est de pousser les rameuses à plus d'autonomie « Chaque entraîneur des divers groupes d’entraînement a demandé aux rameuses de concocter leur propre planning de la semaine avec horaires d’entraînement et de cours. »

 

Trouver des outils pour mobiliser le groupe

Des challenges sur ergomètre, des entrainements partagés et des suivis de séances en visio… La créativité n’a jamais été autant mise à rude épreuve pour l’élaboration des programmes « Il est nécessaire à la fois de coller au mieux à notre programmation malgré toutes les contraintes mais aussi d’amener un peu de variété. Les limites en matériel nous obligent notamment à être plus inventifs au niveau des séances de musculation. » indique Samuel Barathay.

Dans le groupe Femme de Christine Gossé, il a fallu remettre un cadre à ces journées confinées : « En temps normal la journée d’une rameuse qui s’entraîne pour gagner des médailles mondiales est « Timée » à 5’ près pour pouvoir suivre ses cours, travailler, s’entraîner, manger et dormir… Aujourd’hui certaines rameuses se planifient des entraînements en commun via des plateformes de visio, c’est très motivant ! J’ai aussi proposé que notre kiné dispense des cours de Yoga à certaines afin de partager aussi autre chose que de l’ergo ou de la musculation ».

Aussi, face à cette situation inédite, il est, au-delà de l’élaboration de programmes concrets, important de garder les groupes mobilisés et motivés en maintenant le contact. Les groupes WhatsApp n’ont jamais été aussi importants permettant aux encadrants de se "réunir", d'échanger avec les athlètes sur leur état de forme et leur programme. Le corps médical peut également suivre les athlètes grâce à ce moyen « Cela permet de continuer le suivi des sportifs et de les rassurer sur ce qu’il se passe en ce moment » précise le chef de secteur Junior.

Pour Christine Gossé, c’est finalement le même principe qu’avec un athlète blessé. « Nous devons être créatifs pour animer même à distance ces semaines d’entraînements. Nous allons renforcer le système des entraînements en simultané et développer des séances de visualisation pour garder le lien avec les sensations du bateau. »

 

Tokyo en 2021, entre déceptions et soulagement …

Après l’annulation de la régate de qualification aux Jeux, tous les scénarios étaient envisagés : « Par rapport aux premières déclarations du CIO, je tablais plus sur un report des JO à l’automne et avec la suppression de la régate qualification cela nous assurait peut-être la présence du quatre sans barreur à Tokyo. Le report à l’année prochaine est plus sage d’un point de vue planétaire et à notre niveau cela redonne une chance à plus de monde (double poids léger, quatre de couple et quatre sans homme). » confie Samuel Barathay.

En effet, maintenant que les Jeux sont officiellement reportés en 2021, les échéances semblent loin mais le travail doit perdurer, Charles Delval, chef de secteur para-aviron précise « Nous le savons, les Jeux auront lieu l’année prochaine mais on peut les perdre dès maintenant si on ne garde pas cette mobilisation. »

Un report qui amène de nombreuses interrogations, dans le secteur homme notamment, car certains avaient déjà pensé à l’après Tokyo… « Je me mets à la place des athlètes qui s’étaient fixés une deadline à partir de la fin de saison pour terminer leur carrière, ceux qui avaient pris des engagements par rapport à leurs proches, ou ceux qui se préparaient à rentrer dans la vie active. Il va falloir retrouver un regain de motivation pour finir cette saison et se relancer sur l’année prochaine. »

Cette « année supplémentaire pour préparer ces JO » peut représenter une chance pour le secteur féminin. « À nous d’actionner les bons leviers pour que nos rameuses expertes progressent encore sans blessure, avec entrain et avec cette nouvelle étincelle olympique au fond des yeux. » a conclu Christine Gossé.

 

 

Rester motiver face à un calendrier incertain…

Chaque annonce d’annulation et de report ajoute de l’incertitude, pour Yannick Schulte chez les juniors, il est important d’avoir les informations rapidement « la situation est compliquée, on ne sait pas si nous ferons les Europe ou même les mondiaux, il y a beaucoup d’incertitude » idem pour les élites « Quand toutes les incertitudes seront levées nous pourrons envisager l’avenir de manière plus claire et planifier la suite de notre saison. » Car les échéances permettent de garder en tête un objectif précis et d’avancer sans trop se poser de questions…

 

Mais chacun le sait, la situation est inédite, la santé passera avant toute chose. Malgré ces doutes et ces incertitudes, les athlètes et encadrant.e.s s’organisent au mieux et surtout, chacun reste chez soi.

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