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Page médicale

 

Chez un sportif, toute suspicion d’asthme doit faire l’objet d’une démarche et d’une prise en charge rigoureuse.

La symptomatologie respiratoire qui évoque un asthme : essoufflement anormal à l’effort, sibilances respiratoires notamment à l’expiration, oppression thoracique, toux sèche pendant ou après l’effort, constatation de sibilances ou d’un freinage expiratoire à l’auscultation thoracique

Les circonstances déclenchantes ou favorisantes : l’existence d’un terrain allergique déjà connu, l’exposition à des pneumallergènes (poussières, pollens, phanères animales, …), l’inhalation d’air froid ou sec, la pollution atmosphérique, l’hyperventilation à l’effort

La confirmation du diagnostic : elle repose sur des tests d’exploration fonctionnelle respiratoire (EFR)

  • S’il existe une diminution des débits expiratoires forcés au repos, rechercher une hyperréactivité bronchique par un test de réversibilité sous bronchodilatateur (β2-agoniste de type Salbutamol)
  • Si la fonction respiratoire de base est normale, rechercher une hyperréactivité par des tests spécifiques
    • Pharmacologique avec l’inhalation d’un bronchoconstricteur type Métacholine
    • Physique par un test d’effort sur bicyclette ergométrique ou tapis roulant ou par hyperventilation isocapnique de 6 minutes

Un test est considéré comme positif s’il recrée les symptômes du sportif et qu’il provoque une baisse significative des débits expiratoires forcés.

Le traitement

Une fois le diagnostic d’asthme établi, le traitement de l’asthme du sportif comprend plusieurs volets :

 

  • Conseils d’échauffement et d’adaptation de la ventilation à l’effort pour éviter l’apparition de l’asthme d’effort
  • Eviction des facteurs de risque respiratoire : empoussiérage, tabagisme passif, pollution atmosphérique, exposition allergénique
  • Prise d’un traitement bronchodilatateur à courte durée d’action 15 à 30 minutes avant l’effort ou en cas de crise d’asthme
  • Prise en charge du terrain du sportif notamment en cas d’allergie
  • Mise en place d’un traitement de fond dans les formes les plus sévères en terme de symptômes ou de fréquence des manifestions respiratoires

Le problème du traitement médicamenteux de l’asthme chez un sportif

            Seuls 3 bronchodilatateurs de type β2-agoniste sont autorisés par la législation antidopage (Salbutamol, Formotérol, Salmétérol) aux doses thérapeutiques. Les corticoïdes inhalés sont autorisés mais pas par voie systémique (orale ou injectable) car anabolisants. Aucune autorisation d’usage à des fins thérapeutiques (AUT) n’est requise. Tous les autres β2-agonistes justifient une AUT s’ils doivent être prescrits au sportif.

Pour plus d’information sur les modalités de traitement de l’asthme du sportif et pour éviter toute erreur de prescription, se référer au site de l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD).

 

En conclusion

La prise d’un bronchodilatateur à courte durée d’action de type β2-mimétique n’est pas un acte anodin. Chez un non asthmatique, elle ne présente aucun intérêt ni pour améliorer la fonction respiratoire, ni pour une propriété dopante.

Un tel traitement ne doit être prescrit qu’après un bilan spécifique confirmant le diagnostic d’asthme.

 

Docteur Michel BRIGNOT

Pneumologue – Médecin du sport

Fédération Française d’Aviron

 

15 juillet 2020 

 

Site AFLD : https://www.afld.fr

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